NOS FEUX NOUS APPARTIENNENT
Marine Lanier

texte d’Emmanuelle Pagano

Format 21 x 28 cm
80 pages I relié, offset quadri
Texte : FR/EN
en co-édition avec les éditions JB

isbn : 978-2-918960-93-5



28 euros











Marine Lanier vit et travaille dans une région dont elle est originaire et qu‘elle connaît bien. Ces photographies sont ancrées dans ce territoire et dans ce sol-là, et c‘est ainsi qu‘elles peuvent en partir et évoquer d‘autres espaces, l‘Ouest américain, l‘Océan Atlantique ou la Grèce Antique.
Le lieu de la prise de vue est toujours précisé dans les titres des images. Ses photographies de lichens, de mousse, de bois calciné et de brasiers évoquent une nature sauvage et primitive, intemporelle. Les quelques hommes qui surgissent de temps à autres sont des êtres-animaux, des bêtes, au corps épais et à l‘odeur âcre. Ils sont comme des arbres ; de l‘écorce et des racines. Ils sont beaux comme la nature est belle : c‘est-à-dire coriace, indépendante et vibrante.

Nina Ferrer-Gleize


Nos feux nous appartiennent réunit différentes séries qui se font écho. Ce montage explore le thème du clan, et dans son prolongement, l’idée d’appartenance, par les récits qui le façonnent, les imaginaires lointains auxquels les légendes familiales nous renvoient.
(…) Je viens d’une famille de jardiniers, paysagistes, pépiniéristes, horticulteurs, fleuristes. depuis cinq générations, les hommes de ce clan organisent l’espace, cherchent à le maintenir, à le discipliner. ils taillent les arbres, charrient les déchets, les brûlent, surveillent les feux, transportent les racines à l’arrière des remorques, ratissent les feuilles de cours pleines de graviers, plantent des haies vives, livrent des fleurs, habillent les enterrements, les baptêmes, les anniversaires, les mariages, participent à tous les rituels qui donnent forme à une vie. L’odeur de l’eau des fleurs est une chose qui saisit la famille. un parfum qui nous sidère. c’est un écho de fleurs fanées, de mousses vertes, de tiges coupées au sécateur, de sève entière qui se répand.
Le feu, pivot de cette construction — élément catalyseur à forte charge symbolique, doit être entendu ici comme figure de ralliement. Les paysages d’arménie sont de grands déserts calcinés de chaleur. des points de vue militaires dépeuplés de l’événement guerrier. des lieux de tirs et de guet. des endroits d’où l’on fait feu. Il y a le visage de mon frère recouvert de suie (…)

Marine Lanier


Nos feux nous appartiennent (“The Fires That Bind Us”) gathers together different series that have been echoing each other. This collection explores the theme of the clan and by extension the concept of belonging, through the narratives that run through it and the remote imaginary places that family legends recount.
(…)I come from a family of gardeners, landscapers, plant breeders, horticulturists, and florists. For five generations the men of my clan have organized space, and sought to maintain and discipline it. They have pruned trees, carried off and burned plant waste; kept a watchful eye over fires; towed away roots; raked the leaves of yards littered with gravel; planted hedges; delivered flowers; adorned funerals, baptisms, birthdays and weddings; and participated in all the rituals that shape lives. The scent of orange blossoms has a transfixing effect on our family. Its perfume leaves us stunned and brings to mind withered flowers, green moss, sheared stems, and rising sap.
Fire is the crux of this structure. It is a highly symbolic catalyst that acts as a rallying force. The landscapes of Armenia are made up of great charred deserts, military viewpoints that are depopulated of bellicose events. They are places of gunshots and lookouts, spots from which shots are fired. We see my brother’s soot-covered face (...)

Marine Lanier




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