TITANIC ORCHESTRA
Julien Mauve

format 16,5 x 22 cm
80 pages I couture apparente
tirage limité de 300 exemplaires numérotés

ISBN 978-2-918960-96-6



prix : 25 euros






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Tirages de tête disponible








Titanic Orchestra est une réaction instinctive à la vague de violence qui a frappé Paris en 2015. Comme autant de métaphores, ces images organiques racontent la chute d'un monde et la lutte pour sortir de l'état de sidération qui s'en est suivi. La ville qui est donnée à voir a conservé l'apparence qu'on lui connaît, et pourtant tout est changé. Car après l'impact, le chaos règne, un voile est tombé, le centre de gravité est ébranlé, une nature inquiétante semble avoir repris ses droits. Cherchant un point d'ancrage à défaut d'une réponse, le photographe décentre son objectif tour-à-tour vers le ciel, vers la terre, vers un objet fugace ou un horizon obstrué. La présence corporelle de l'artiste est ici palpable : il est le sismographe qui enregistre les pulsations de cet univers hallucinatoire. Partout où il regarde, la menace plane : l'engloutissement, la chute, des corps absents, inertes. Sa vision spasmodique bute contre des murs ou des écrans, des débris gisent à ses pieds, les voix se désincarnent dans des hauts-parleurs, et s’il lève les yeux, c’est l’œil aveugle d’une caméra qu’il rencontre. L’irréversible s’est produit mais la pulsion de vie, elle, subsiste. Et c’est dans la réunion avec des corps en résistance, désirants, puissants, que la réparation pourra s’engager.



Titanic Orchestra is an instinctive reaction to the wave of violence that struck Paris in 2015. Like so many metaphors, these organic images recount the collapse of a world, and the struggle to emerge from the state of stupefaction that followed. The city that we see has retained the appearance that it is known for, and yet everything has changed. Because after the impact, chaos reigns, a veil has fallen, the centre of gravity has shifted, and an unsettling quality seems to have taken over. Seeking an anchorage in the absence of an answer, the photographer decentres his lens successively towards the sky, towards the earth, towards a fleeting object or an obstructed horizon. The physical presence of the artist is palpable here: he is the seismograph that records the pulsations of this hallucinatory universe. Everywhere he looks, menace hovers: the engulfment, the collapse, of absent, inert bodies. His spasmodic vision stumbles against walls or screens, debris lies at his feet, voices are disincarnated in loudspeakers, and if he looks up, it is the blind eye of a camera that he meets. The irrevocable has occurred but the life force, that survives. And it is in the reunion with desiring, powerful bodies in resistance, that the reparation can begin.